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Renecciao - 4 Ermite

 

Reneccio

Episode N° 4

 

Ermite ?

 

Le mot tombe comme ça à la fois réaliste et douloureux.

C’est quand par WhatsApp j’apprends qu’il y a une fête ce soir chez moi en bas dans la vallée que je me demande ce que je fais là. Pourquoi je reste ici ?

Est-ce que je le vis mal ?

Je ne sais pas, juste une soirée où chacun va bien manger et boire….. sans moi.

Sur le coup je me dis que je dois supprimer cette application, après tout ils font bien ce qu’ils veulent en bas, je préfère ne pas savoir. 

Le sentiment de ne manquer à personne vient se pointer, mais est très vite éloigné. Si vraiment ça me posait  problème, libre à moi de redescendre et qui plus est, ça arrangerait tout le monde pour l’organisation.

Je prends le temps de méditer sur ce sentiment, et ce que je ressens au plus profond de moi, c’est que MA place est là !

Forte et apaisée d’avoir libéré cette peur/blessure qui vient d’ailleurs. Je m’enfonce dans le canapé et jubile déjà à l’idée de rester ici et seule !

 

- Suis-je en train de devenir une ermite ?

- Est-ce un besoin spirituel ?

- De l’associabilité ?

- Une vraie et profonde déprime cachée ?

 

Je n’ai pour l’instant pas de réponses.

Il faudrait aller sur le net voir ce qui est dit sur les motivations des personnes qui font le choix de vivre seules en montagne dans une maison des plus sobre, sans électricité et sans robinet.

Il paraît que certains sont visités, échangent sur leurs motivations, vivent de dons, des fruits de la nature, passent leurs temps dans la lecture et les tâches indispensables pour vivre dans ces conditions.

Ce sont souvent des hommes.

 

Pour ma part, je ne sais pas si je suis en train de devenir une « ermite », mais le sentiment de devoir rester ici, malgré la vie active et festive qui se déroule en bas, est bien plus fort et plus je reste et plus j’ai envie de rester.

 

Tout depuis que je me suis intéressée à cette maison s’est passé merveilleusement bien, tout est toujours parfait dès qu’il s’agit de mon confort, et installation ici. 

Mon seul problème pour y rester constamment était la connexion internet, rien. Rien de rien, il me faut aller sur la montagne pour capter et envoyer des mails. 

Et bien problème réglé, la mairie m’offre la possibilité d’utiliser leur connexion gratuitement et avec la présence tenez vous bien, d’un jeune informaticien, celui-là même qui a installé le réseau sur place.

 

Je ne crois pas que je devienne ermite, ou pas au sens vrai du terme, je ne suis pas en quête religieuse ou spirituelle, c’est plutôt la relation avec le lieu qui m’amène à faire ce que je fait.

Ce lien qui m’y retient et qui m’y rend heureuse, dans un sentiment de paix permanente, intérieure et extérieure où je laisse mes sens s’exprimer dans une vraie ouverture, où je peux être enfin moi toute présente à ce que je ressens.

 

Pas de stress, d’attaques permanentes, d’agressions volontaires ou pas, de mots mal placés. Ici la nature EST et je SUIS ce que je suis au milieu d’elle.

Pas d’explications à donner qui de toutes façons ne sont jamais entendues, ou mal entendues, pas de compte à rendre, d’obligations.

Ici seule la liberté est.

Je fais comme je veux dans l’ordre que je veux, je n’ai rien à justifier, expliquer.

Je vis au rythme qui est celui que j’ai choisi sans forcément être le même d’un jour à l’autre. Et il peut changer selon le temps, mon humeur ou mon ressenti.

J’écoute la musique du silence et je peux décider d’aller faire du jardinage, des conserves pour l’hiver, méditer, promener en forêt comme aller à l’église au village voisin.

Personne pour me dire que je change toujours d’avis, que je dois me dépêcher ou que j’ai mis trop de temps. 

Je peux même décider de regarder les nuages passer, lire toute la journée ou aller couper du bois, je suis libre, libre, dans le silence le plus complet.

 

La suite d'ici quelques temps...

 

Le silence rend-il fou ?

 

 


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Commentaires: 3
  • #3

    Nat (mercredi, 23 septembre 2020 21:43)

    Je comprends tellement. Je vis le même besoin ''d'ermitisme'' ! Sans avoir eu le courage de quitter la maison. Je me suis aussi bcp demandée si je devenais ''associale''. Il me semble répondre à une nécessité de me recentrer au milieu d'un monde hostile.
    J'accepte.
    Bravo Corinne de vivre ce besoin !

  • #2

    Noëlie (mercredi, 23 septembre 2020 00:26)

    Bonjour,
    Merci de ton partage Corinne.
    Je m'interroge sur la notion de liberté dans ma vie aussi...
    J'ai soif d'une liberté qui ne serait pas dépendante, conditionnée par un lieu, la présence d'une personne, l'absence de pathologie etc...
    C'est difficile... Parce que quand j'obtiens la chose désirée ou vis une expérience qui me semble me rapprocher de cette liberté recherchée, le bonheur d'en être comblé s'effrite petit à petit. Il s'effrite par le temps qui passe, avec l'habitude, la routine... Ah et je déteste voir réapparaître ces limites que l'instant d'avant j'ai cru avoir éventrées... Mais des limites sont toujours là, obstacles à ma liberté... Elles réapparaissent inlassablement, inévitablement... Donc en un mot, j'étouffe de manque de liberté. Ceci est à l'origine de toute ma souffrance, frustration, sensation de vide qui jamais n'est comblé comme un puit sans fond... qui est sans doute à l'origine d'un manque de joie inhérente au fait d'être vivante.
    Ceci dit, j'ai trouvé un chemin, celui d'aller en moi, retrouver mon esprit, ma conscience ou âme via la méditation. Bien sûr, le vécu de se sentiment du "retour à la maison", au véritable "qui je suis" n'est pas automatiquement présent à chaque méditation et bien sûr il disparaît à la fin de la méditation.
    Mais parfois, j'arrive à m'identifier à ma véritable nature qui me donne le vrai sentiment de complétude tant recherché et par delà même un véritable et totale sentiment de liberté et de bien-être...
    Je suis en chemin
    Je suis le chemin

  • #1

    Cathy MO (mardi, 22 septembre 2020 16:10)

    Non le silence ne rend pas fou, çà fait du bien face aux incohérences de notre monde et des personnes qui y vivent. Ca permet de se ressourcer.
    Moi je ne suis pas seule en pleine montagne mais seule dans mon coin. Le monde peut bien faire ce qu'il veut, ce n'est pas mon problème et s'il y a la fête au village, aucune envie d''y aller pour faire semblant de s'amuser ou entendre des conversations débiles !
    La liberté c'est la meilleure des choses même si on est harcelé d'obligations !
    Bonne continuation dans ta nouvelle vie.