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Renessio - 5 Le Silence rend-il fou ?

 

Reneccio

Episode N° 5

 

 

 

Le silence rend-il fou ?

 

Je ne sais pas si c’est le mot qu’il convient, mais je constate depuis un certain temps que mes nuits ne sont plus aussi sereines quelles l’ont été.

J’ai d'abord mis ça sur le dos des loirs, un peu trop nombreux. Dès la nuit tombée, ils faisait un bruit incroyable pour de si petites bêtes. Ils couraient dans tous les coins de la toiture comme au rez-de-chaussée, grattaient, couinaient, impossible de dormir jusqu’à ce que eux s’endorment.

Infernal, mais si mignon, le loir est entre la souris et l’écureuil. De petite taille il passe partout pourvu qu’il y ai un espace de 2 cm. Il adore les fruits et légumes frais et fait des réserves pour les 7 mois d’hibernation d’octobre à avril.

Mais en attendant les nuits sont courtes, agitées, morcelées quand ce n’est pas blanches.

Il m’a fallu donc trouver une solution !

Plusieurs se sont offertes à moi :

  • Aller à la préfecture de l’Ardèche pour demander un droit de chasser ces petites bêtes, oui elles sont protégées.
  • Acheter des répulsifs (essayé, ça ne marche pas !!)

Les tuer sans rien dire à personne (ce qui à priori se fait ici). Ils ont bien ri lorsque je leurs ai parlé de mes répulsifs. Le choix ne manque pas, on appelle pas ça des : « croques loirs » , mais plutôt des « tapettes pour TRÈS gros rats » et autres nuisibles. Le mots loir ne figure nul part dans ce qui sert à les tuer.

Puis la nasse, une cage avec un système bien pensé qui fait que le capturé ne puisse plus en sortir. Chère à l’achat, mais si on en prend soin unique à vie. Différents modèles vous sont proposés, moi j’ai choisi le plus gros et je ne le regrette pas. C’est deux par deux que je les ai attrapés, puis relâchés dans la montagne à quelques 20 km de chez moi. Car après tout même s'ils aiment bien nicher dans les toits des maisons, ils sont d’abords des animaux de forêts.

Les nuits ne sont toujours pas « silencieuses » malgré les 9 loirs en moins, mais plus calmes tout de même.

On va dire que le problème loirs s’est drôlement amélioré, mais pas mes nuits !

C’est étonnant que dans ce calme montagnard je cauchemarde ainsi. Dès que je me tourne pour m’endormir, je sens des présences physiquement, ça me soulève, j’ai l’impression d’être en lévitation, comme suspendue.  

Pour être objective, cela a commencé récemment, 1 mois à peu près, j’ai bien changé mon lit de place, mais ça avait commencé avant, donc je laisse de côté cette possibilité.

Non, les rêves même si ils sont cauchemardesques, me sont parlants, révélateurs, je crois que c’est ma présence quasi permanente ici qui crée ces perturbations.

Je penche pour des pensées profondes enfouies qui par la diminution de sollicitations extérieures remontent en surface, des peurs enfouies, angoisses oubliées qui dès que la nuit tombe, heure ou les bruits de jour s’arrêtent, viennent sur le devant de la scène.

Je pense que le travail de l’isolement et du silence est en train d’opérer, mon âme a besoin de se débarrasser de toutes ces mémoires/égrégores qu'elle a accumulé au cours de son existence.

Dans le livre de la Vie et de la Mort des Tibétains, il y a un passage qui m’y fait fortement penser. Celui où il est dit qu’après la mort pour atteindre la lumière, il nous faut traverser un niveau où figurent toutes nos peurs, des plus banales aux plus insupportables.

Notre âme doit se purifier, s’élever. Pour cela elle doit passer différents niveaux  qui correspondent à ce que nous n’avons pas libéré lors de notre vie active. Rien ne sert de paniquer, il faut juste passer ce temps difficile et court mais certes intense, qui, de toutes façons n’a pas de  possibilité de vie dans les sphères plus élevées.

Je me sais être ici dans une préparation, dans un changement inévitable, indispensable pour ma continuité, évident dans la logique de ma vie si particulière. 

Nous sommes comme sur un escalier, nous montons les marches qui apparaissent au fur et à mesure que nous montons. Parfois elles mettent plus de temps à nous apparaître. L’évolution c’est qu’une  nouvelle apparaît toujours derrière l’autre. 

Y-a-t’il une fin ?

Pour franchir celle-ci, il me faut passer l’étape de ces nuits, ou plutôt de mes cauchemars qui en sont la matière.

Bizarrement au court de mes journées, je ne me sens jamais fatiguée. Au contraire, constamment dehors à monter et descendre pour les activités de maintenances et de rénovations, je trouve encore du temps pour lire en fin de journée bien installée dans mon lit ou sur le canapé. 

Il est des plus intéressant de voir ces changements se présenter avec comme seul moteur l’isolement et le silence, mais est-ce vraiment le silence ?

Car il y a le silence du jour, qui n’en est pas un :

Bruits d’oiseaux, d’animaux, d’insectes, du vent, des avions, de la pendule, etc, etc….

Et le silence de la nuit, qui n’en est pas un non plus, qui en est un autre :

Bruit des animaux et oiseaux de nuit, des loirs, sangliers, chouettes, criquets, pendule, etc, etc…

Celui-ci est aussi l’espace (surtout en automne) de celui des ombres qui reviennent avec la diminution de la lumière du jour, 

Leurs manifestations, si elles ne sont qu’à l’extérieur, ne sont pas silencieuses. Nous ne les entendons pas dans le brouhaha des villes même si nous avons l’impression la nuit venue d’être suivis, observés, voir touchés lorsque nous rentrons chez nous.

C’est pourtant l’origine d’Halloween, se déguiser le plus vilainement possible pour passer inaperçu au milieu d’elles. Seul jour unique celui de tous les Saints, celui où le monde d’en-dessus peut côtoyer celui d’en-dessous.

Pour mes nuits mouvementées, je travaille, restant attentive à mes rêves révélateurs de l’inconscient, mais souhaite  tout de même rapidement le retour de mes nuits sereines dans ce lieu magique qu’est Renecciao. 

 

A bientôt pour d'autres nouvelles,

 

Corinne Lebrat


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Commentaires: 1
  • #1

    Noëlie (samedi, 03 octobre 2020 19:54)

    Bonjour Corinne,

    Merci du partage... Moi c'est depuis mai 2020 où mes nuits, qui jusqu'alors était des moments aimés et appréciés, aujourd'hui deviennent des moments que je redoute...
    Je rallonge mes journées jusqu'à me coucher jusqu'à minuit pour ne pas me confronter à ces sentiments désagréables.
    Pour moi, parfois je l'associe à des peurs de mort qui peuvent être prémonitoire puisqu'en septembre j'ai eu peur de mourir du covid, peur de perdre un proche (ma mère).
    C'est souvent après coup, que je comprend mieux le déroulement des choses et pourquoi mon corps manifestait ces sensations désagréables...
    Il peut aussi avoir d'autres explications...
    Bien à toi,