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Renessio - 2

 

Reneccio

Episode N° 2

Prendre le Temps 

 

Avec tout ça, notre vie est bien différente ici à Reneccio, en tous points.

 

Par exemple nos conversations avec les enfants : en bas, dans la vallée il y a des moments pour, et même si nous nous efforçons de les maintenir, l’envie parfois n’y est pas vraiment et les enfants en souffrent. 

 

Ici à n’importe quelle heure nous sommes disponibles. Nous nous rendons disponibles.

Bien sûr que nous avons des choses à faire et nous les faisons et c’est toujours la priorité, mais nous discutons tout en faisant, la disponibilité mentale est  là.

On dirait que le fait qu’il n’y ai pas de bruits parasites, vous savez ceux que l’on n'entend plus parce-que l’on s’y est habitué, mais qui sont encore bien là ! On dirait que grâce à leur absence, nous sommes plus à l’écoute, plus disponibles, attentifs.

Ça facilite donc les relations, discussions, ententes, eux comme nous, nous sentons écoutés, vivants, exister.

Nous parlons de tout et chacun avec ses qualités, ses expériences, ses compétences, à sa façon, nous offre une vision de son monde, de ce qui le met en joie, en souffrance, de ce qui le stresse, l’amuse, sans jamais de jugement, de partie pris.

Et la magie opère, car bien souvent en parlant on réalise, on se rend compte, on prend conscience, on se libère, on se guérit.

Tout le monde participe, les petits parfois touts petits, les grands plus ou moins et les anciens lorsqu'ils sont là.

Vu qu’il n’y a pas de télé, que les téléphones portables sont limités à cause du réseau très aléatoire, si au début nous entendions râler, aujourd’hui nous remarquons qu'ils sont le plus souvent posés la plus grande partie de la journée.

Ils leur préfèrent les balades en forêt, l’excursion au village (4 km aller) à pieds, pour le pain et le croissant, la participation au chantier du moment, la recherche du plus beau, gros des quartz, qui sont partout présents, la cueillette des fraises des bois, myrtilles et autres gourmandises de la forêt.

Et lorsque le soir tombe, nos grandes parties de Uno, de cartes, d’échecs, et les discussions animées qui démarrent spontanément, les nuits d’été à la belle étoile à écouter les bruits des animaux nocturnes, se réveiller aux sons des cloches des vaches curieuses sont nos joies quotidiennes.

 

Les enfants nous donnent de belles leçons de vie, en observant la nature libre d’ici. Ils font le rapprochement avec nos comportements inconscients, comprennent d’eux même, où l’homme est allé trop loin, guidé par son égo, dans ses relations, ses désirs d’avoirs, dans son exploitation de la nature, le ridicule de l’illusion de la maîtrise.

De leurs observations, ils s’amusent à faire des comparaisons avec le monde d’en bas, avec la société en générale.

Ainsi entendre par la bouche de plusieurs ados la comparaison entre la vie des bousiers et celle des hommes a quelque chose d’hilarant, mais de tellement réaliste, il fallait y penser. 

 

La comparaison entre organisation et hiérarchie des fourmis (en montagne elles sont énormes, on les entend marcher sur le plancher) et celle des hommes donne à réfléchir sérieusement.

 

A bientôt pour d'autres nouvelles,

 

Corinne Lebrat


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